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Laurent Contamin
auteur, metteur en scène, comédien
Trois petites formes théâtrales
En pure Perte, Juby, Le jeune Homme Paul  et En attendant Dersou  toujours en tournée "à la carte" (musées, théâtres, bibliothèques, lycées, bars, à domicile...)
Prenez date ! (onglet cont@ct, en haut à droite). + d'infos sur la page FB Une trilogie européenne. Prochaines dates : Bourron-Marlotte (77), Château-Thierry (02), Poët-Laval (26)
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En résidence
Résidence janvier-juillet à Bourron-Marlotte, avec le Service Livre du Conseil Régional d'Ile-de-France.
Au programme :
- 20 mars, table ouverte à la bibliothèque municipale & lecture publique à la libraire-galerie L'Empreinte, à destination du jeune public
- 12 avril, table ouverte au café de la paix & atelier d'écriture à la librairie-galerie L'Empreinte
- 13 avril, rencontre à l'Astrolabe de Melun
- 14 mai, En attendant Dersou  à l'Atelier Delort
- 18 mai, nuit des musées à la mairie-musée
- 24 mai, "Des mots dans les branches"
- 6 juin, rencontre avec des collégiens d'Avon
- 13 juin : balade poétique avec les CM
- 22 juin : performance en forêt avec l'artiste Constance Fulda
- 2 juillet : rencontre avec les résidents des Chênes rouges et salon d'écoute d'une pièce sonore à l'Atelier Delort
... à suivre... > résidence
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Corps et Biens

Tableau 1, séquence 4

Ils regardent le soleil se coucher sur la mer, tout en confectionnant des bijoux avec leurs trouvailles de tout à l’heure sur l’estran.

ROCHE : On fera quoi, dans le pays où le soleil se couche, Jonas ? Qu’est-ce qui te dit que ce sera plus facile, sur l’autre rive ?

JONAS : Moby me l’a dit.

ROCHE : Qu’est-ce qu’il en sait, ton frère ?

JONAS : Il sait tout – il sait mieux. Les gens de là-bas, quand ils se lèvent, ne s’inquiètent pas de ce qu’ils vont faire, ni de ce qu’ils vont manger, mais des poèmes qu’ils vont écrire.

ROCHE : Peut-être des jeunes comme nous sont assis dans les dunes, comme nous – sur l’autre rive, comme nous – regardant les vagues, comme nous – rêvant d’ailleurs, comme nous ?

JONAS : Peut-être.

ROCHE : Peut-être qu’ils sont deux, qu’ils s’appellent Roche et Jonas ? Quand est-ce que tu m’emmèneras le voir, Moby, à l’hôtel-thalasso ?

JONAS : La mer redescend. Regarde les vagues à marée descendante : ça avance et ça recule – ça veut et ça hésite – sont pas sûres d’avoir envie de conquérir la plage – une force les tire vers l’arrière – les vagues de marée montante, ELLES c’est des vraies conquérantes – savent ce qu’elles veulent ; elles jettent toutes leurs forces dans la bataille – nous on est des vagues de marée montante, Roche.

ROCHE : Pourquoi ?

JONAS : A cause de la rage au ventre, une autre pulsation que ceux d’ici qui renoncent : le cœur qui bat plus vite, l’enragement sous nos peaux, vitesse-turbo à l’intérieur de nous. Parce qu’on n’a plus d’avenir, de ce côté-ci de l’océan, Roche – tu le sais – sinon est-ce que tu te serais enfuie ? (Observe le collier qu’il vient de terminer :) Troisième collier. (Il le passe au cou de Roche).

ROCHE : J’aimerais bien le voir, moi, ton frère Moby.

JONAS : Tu as une jolie nuque, ce soir, Roche.

ROCHE : Arrête.

JONAS : Qu’est-ce qui reste ?

ROCHE (vidant son pochon :) De quoi faire un bracelet.

.../...


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