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Laurent Contamin
auteur, metteur en scène, comédien
Un clic, un texte
D'un spectacle à l'autre... 
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Spectacles en diffusion
Disponibles en tournée :
- Le Jardin,  théâtre musical jeune public, Cie Cela Dit, mise en scène Laure Gouget / marionnettes et origami, Cie La Roble à l'envers, mise en scène Eléna Bosco
- Léon l'Enfant Noël, spectacle jeune public, Cie du Souffle 14, mise en scène Lorena Felei
- Nicolette et Aucassin, spectacle de rue, marionnettes et musique, tout public, Cie L'Atelier mobile, mise en scène Joanna Bassi
- La petite Marchande d'Histoires vraies, spectacle jeune public, Cie L'Echappée, mise en scène Didier Perrier
- Tant que nos coeurs flamboient, ados-adultes, Cie du Souffle 14, mise en scène Laurent Contamin
- Fasse le ciel que nous devenions des Enfants, ados-adultes, Cie Demain on déménage, mise en scène Delphine Lalizout / Cie du Souffle 14, mise en scène Lorena Felei
- Juby, ados-adultes, Cie Fond de Scène
- En attendant Dersou, ados adultes, Cie du Souffle 14, mise en scène Lorena Felei
- Un Verger pour Mémoire, ados-adultes, Cie des Rives de l'Ill, mise en scène Thomas Ress
- Le jeune Homme Paul, ados-adultes, Cie du Souffle 14, mise en scène Lorena Felei
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En pure Perte
J’apprends à voir, oui. Par exemple : je n’avais jamais pris conscience du nombre de visages qu’il y a. Il existe une foule de personnes, mais plus encore de visages que de personnes. Parce que voilà : chacun de nous en a plusieurs.
Il y a des gens, mettons, ils portent un visage pendant des années, évidemment ça s’use, ça se salit, un visage – ça se gerce, ça se déforme comme des gants qu’on a portés en voyage. Ce sont des gens simples, économes, des gens de peu comme on dit ; ça fait qu’ils n’en changent pas, ne le donnent même pas à nettoyer, rien : « Non non, ce visage nous suffit » – s’ils le disent c’est que c’est vrai.
Sauf que du coup on se demande : s’ils ont plusieurs visages et qu’il n’en utilisent qu’un, qu’est-ce qu’ils font des autres ? Ils les gardent. Ils les conservent. Ce sera pour… Tiens, oui : leurs enfants n’auront qu’à les porter plus tard. Mais il arrive aussi que leurs chiens les mettent pour sortir – et pourquoi pas ? Un visage reste un visage.
D’autres changent incroyablement vite de visages, les portent l’un après l’autre, et hop, et hop – ils flambent leur stock. Ils croyaient en avoir suffisamment pour toujours, mais ils ont à peine quarante ans, et voilà déjà le dernier. Quarante ans, imaginez. Ça a un côté tragique, non ? Ils ne sont pas habitués à faire attention à leurs visages (des têtes brûlées on dit ça, je crois) le dernier est abîmé en huit jours, a des trous, en de nombreux endroits il est fin comme du papier-bible, et peu à peu apparaît le fond, la doublure, le non-visage, et c’est ce non-visage là qu’ils promènent le restant de leur vie.
(d'après Journal de Malte-Laurids Brigge, Rainer-Maria Rilke, trad. O. Loeffler et L. Contamin)

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